Les années 80

Les Années Quatre-Vingt

Lorsque Philippe Blouin m’a demandé de poursuivre l’historique du Club, écrit par Émile Van de Putte, et complété par les rapports annuels de neuf Présidents jusque 80, mon inquiétude fut grande de succéder à notre Past-Gouverneur, certain de ne pas avoir les mêmes talents.

De façon quelque peu téméraire, j’ai préféré, a une succession de rapports, la description de la continuité des actions rotariennes, au cours d’une décennie.

Je vous propose donc aujourd’hui la chronique des Années 80, laissant à mon successeur de l’an 2 000, le soin de vous compter les Années 90.

Que les anciens Présidents, qui m’ont si aimablement apporté leur concours, veuillent bien excuser cette liberté.

Pour ceux qui n’ont pu répondre a ma demande, les archives de Jean-Claude Montaigne, de Pierre Thélot, et les miennes, ont été un complément très utile.

En 1980, le Club de LILLE s’enorgueillissait de compter parmi ses membres trois anciens Gouverneurs.

Jean Caroni , fondateur en 50 du Comité Franco-Allemand, ancien combattant de 14/18, grand entrepreneur, ami fidèle et délicat.

Émile Van de Putte , notre « mentor » de l’époque après Jean Caroni, fin lettré féru d’Histoire, et dont nous admirons tous la très longue fidélité au ROTARY, la générosité de son accueil, la qualité et la discrétion de ses conseils, enfin l’intérêt qu’il porte à toutes les actions en faveur de la jeunesse.

Jacques Pruvost qui venait de terminer son année de Gouvernorat (l’idée de cet historique est de lui). Nous avions tous pu admirer, la concision, la discrétion et la pertinence de sa lettre mensuelle, rédigée sur deux pages, avec l’aide de son secrétaire Jacques Spanneut.

Un vent puissant poussait Jacques Raille a succéder a ceux-ci, à la fin de sa présidence de la Chambre de Commerce et d’Industrie de LILLE-ROUBAIX-TOURCOING.

Les Années Quatre-Vingt

Dix Années – Dix Présidents

80-81 Jacques Spanneut  Expert-Comptable.                                          81-82 Jean-François Dereux , Médecin Neurologue, Professeur à la Faculté Libre.

82-83 Auguste Senlis , Notaire.                                                                    83-84 Antoine Le Blan , Loisirs.

84-85 Francis Guyomard , EDF – GDF.                                                      85-86 Jean Caffier , Pédiatre.

86-87 Philippe Gestat de Garambé, Directeur CITROEN.                   87-88 Jean-Claude Papoz , Agronome.

88-89 Gilles Mignolet, Ophtalmologiste, Directeur École Optique.      89-90 Christian Vandenbussche , Avocat.

Ces dix Présidents nous ont fait bénéficier de leurs personnalités variées, et ont poursuivi des buts qui, me semble-t-il, ont été bien exprimés par Antoine Le Blan :

« Une présence plus étroite au monde qui nous entoure, par un développement des flashs professionnels sur les sujets d’actualité, en incitant le plus grand nombre de Rotariens, à partager entre amis, leurs connaissances et compétences personnelles, tellement variées, et tellement riches.

Un effort particulier de recrutement, pour améliorer encore les forces vives de notre Club.

Une recherche sur l’avenir, par une meilleure approche, et une meilleure connaissance des techniques avancées (biotechnologie par exemple).

Une ardente obligation de tout un chacun, de participer au moins une fois par an, a une réunion internationale, extra-muros ou intra-muros.

Une certaine focalisation de nos actions d’intérêt public, et de nos œuvres, sur un objectif précis et mobilisateur.

Une attention vigilante au calendrier, pour éviter toute saturation, et au coût, pour adapter notre action aux possibilités de chacun. »

ACTION INTÉRIEURE

Secrétaires

Jean-Claude Montaigne, Philippe Gestat de Garambé, Michel Poitevin, Pierre Thélot

Bulletin

Jean-Claude Montaigne, Michel Poitevin, Philippe Jaumain, Pierre Thélot

Jacques Crépelle, correspondant de la Bibliothèque Rotariennne ARBS

Premier Prix au District. Déclaré hors concours.

Trésoriers

Michel Haag,  Jean-Maurice Deglorie

CONFÉRENCES

Il y en eut beaucoup, sur les sujets les plus variés, toutes enrichissantes mais si nombreuses, que pour ne pas alourdir mon propos, je n’en citerai aucune.

Je me contenterai de remercier au nom au Club les amis qui se sont ingéniés a rendre si riches ces programmes :

Philippe Blouin, Marc Guermonprez, Jean Maniglier.

NOUVEAUTÉS

Création par Gilles Mignolet des tickets-repas, d’un apéritif pour accueillir les visiteurs, d’un mini annuaire du Club.

ACTION PROFESSIONNELLE

La rencontre de représentants de professions différentes, étant l’une des motivations premières du ROTARY, cette action se doit d’être exemplaire.

Elle a été caractérisée au cours de cette décennie, par un grand éclectisme, quant aux sujets abordés, aux visites réalisées, aux actions entreprises.

Les Sujets Abordés

La place manque pour citer les dizaines de conférences entendues, mais rappelons les grands thèmes directeurs :

Télématique (Jean-Claude Vicarini) – informatique (Francis Guyomard) -Biotechnologie – Transmission d’Entreprise (Nicolas Toulemonde).

Les Visites d ‘Usines

CITROEN à AULNAY SOUS BOIS (Philippe Gestat de Garambé), Cristallerie d’ARQUES, Usines Yves SAINT LAURENT (Jean Deroubaix), La « Pie qui Chante », Laboratoires de Biologie de Robert Bouriquet et Jean Guillaume. Établissements VELEC (Emile Van de Putte), Centre de Recherches du Gaz de France

Chantiers de l’A2ó, d’EUROTUNNEL.

Les ACTIONS ENTREPRISES

En 85, Jacques Borgoltz lance pour le District, l’opération INTEREMPLOI, qui permet a notre Club d’obtenir le 2ème Prix, de la coupe d’Action Professionnelle du District, et place 7 demandeurs d’emploi pour la seule année 88.

En 89, Philippe Rigaux organise et anime, des sessions de simulation et de préparation aux oraux d’entretien, pour les candidats aux concours d’entrée dans les Écoles de Commerce, heureuse continuation des « Opérations Carrières” des années 70.

Citons pour terminer les responsables successifs de cette commission :

Jean Maniglier, Francis Guyomard, Jean-Claude Vicarini, Gilles Mignolet, Marc Guermonprez, Philippe Rigaux.

ACTION INTERNATIONALE

NOS CLUBS CONTACTS

« LILLE a 5 clubs contacts à l’étranger. Ceux-ci ont l’avantage d’être situés dans un rayon de 300 kms accessibles par autoroutes (bientôt pour FOLKESTONE) et dans des régions linguistiques différentes (bonne image de notre EUROPE du NORD-OUEST)

Ces 5 Clubs Contacts de LILLE sont : ARNHEM, COLOGNE, FOLKESTONE, GAND et LIÈGE.

LILLE et LIÈGE ont en commun d’être jumelés avec COLOGNE et GAND.

LILLE et COLOGNE sont par ailleurs liés avec ARNHEM.

FOLKESTONE, jumelé avec LILLE depuis ó0 ans, n’a pas d’autre Contact confirmé.  »

I.ES ACTEURS

La Commission Internationale fut composée de :

Albert Azéma, Marc Catsaras, Jean-François Dereux, Joseph Fassotte, André Fontaine, Robert Kuhn, Christian Vandenbussche

NOS RENCONTRES

Avec FOLKESTONE

Tous les ans, nous participons à la Ladies-Night avec réception des nôtres dans les foyers de nos amis.

Au cours des années 80, ces soirées seront poursuivies le lendemain par d’agréables promenades dans le KENT, et par des parties de Golf.

Les amis Anglais nous rendent visite.

Ils ont assisté en 83 à l’Assemblée de District de BOULOGNE SUR MER et, à l’initiative d’Albert Azéma, participé pour la première fois en 89, à la Fête au Club dans les Salons CAQUANT.

Parmi les artisans de cette fidèle amitié, il nous faut citer le Responsable Jacques Crépelle et d’ Arthur RUDERMAN toujours présent aux manifestations rotariennes, et lecteur attentif de notre bulletin.

La décennie s’est terminée le 20 Novembre 90, par la célébration à CALAIS, du 60° Anniversaire du jumelage de nos 2 Clubs.

La présence au Club de GAND de Paul EECKHOUT, Conservateur du Musée de sa ville, a permis à Christian Vandenbussche d’organiser des échanges culturels privilégiés :

Visites vespérales des Expositions EUROPALIA à BRUXELLES (BRUEGHEL-KLINT) et à AMSTERDAM (VAN GOGH).

Floralies de GAND.

En retour, nous avons pu leur proposer quelques visites à SEPTENTRION, et à LILLE (MATISSE), et réaliser en leur compagnie un superbe voyage à VAUX LE VICOMTE.

Avec COLOGNE et LIÈGE

les liens ont pris une nouvelle jeunesse. Nous avons bénéficié de visites exceptionnelles dans les châteaux de LIMBOURG, et de l’organisation de réunions tripartites.

LES REUNIONS TRIANGULAIRES (COLOGNE-LIÈGE-LILLE)

inaugurées à la fin des années 70 sur proposition de Joseph Fassotte et Jean-François Dereux, ont connu un très vif succès.

Rencontre Franco-Allemande à REIMS en 80.

Triangulaire à LIÈGE en 81 et 84, à COLOGNE en 83.

Nous fêtons ensemble les 60° anniversaires de nos Clubs, GAND et LIÈGE en 86, LILLE en 87 (voir plus loin) et COLOGNE en 88.

En FRANCE, Marc Catsaras nous organise un magnifique voyage en TOURAINE (Château d »ARTlGNY en 82), puis à RIQUEWIRH en ALSACE, en en 85.

L’AVESNOlS au printemps 89 fut l’œuvre de Jean-François Dereux.

DES ECHANGES DE CONFERENCIERS ‘

réguliers avec LIÈGE, épisodiques avec GAND,ont entretenu une saine émulation entre nos Clubs.

Remercions Francis Babé, Marc Catsaras, André Fontaine -(Consul Général de BELGIQUE et actuel Ambassadeur au MAROC )

Paul Gautier, Antoine Le Blan, Bernard Soinne, Michel Poitevin, Jean Samaille et Jean-Jacques Triplet, d’avoir été nos ambassadeurs dans la ville francophone la plus septentrionale du globe.

FOLKESTONE et COLOGNE nous ont également envoyé chacun un conférencier sans contrepartie de notre part, ce furent :

Arthur RUDERMAN sur « L’Histoire du KENT et ses rapports avec la FRANCE » et Carl VON JOEST sur « La Sécurité Sociale en R.F.A ».

A l’issue de ce séjour en groupe, ces jeunes prolongent individuellement d’une semaine, leur séjour dans des familles d’accueil, rotariens de la Métropole, et notre ami André Fontaine a bien voulu accepter de recevoir Michelle BRATWAITH de HALIFAX (CANADA).

L’année suivante,

– La Réunion Internationale des Jeunes .

organisée par Jean-Noël Hannecart, du 16 au 18 Septembre, voit la participation de 22 jeunes de 7 nationalités différentes, et du ROTARACT de LILLE-LAMBERSART.

– Echange de Boursiers

– BURNOUS, assistant de Robert Bouriquet.

La fille de Madame MOUNIER secrétaire de Norbert Segard et de notre Club.

Pierre Mignolet, Vincent Pronier, Élisabeth Bouriquet, Claire Mignolet, Charlotte LECLUSE ont bénéficie d’un séjour aux U.S.A.

– Rose Mary GOSE, Joy MAC FARLAND, Jennifer PEARCE de FLORIDE, Mélissa ELIOTT (WISCONSIN) Denise SCHONENERR (PENSYLVANIE)

et Christopher SORENSE ont été accueillis par le Club et logés dans des familles rotariennes.

Groupe d’Études

En 83, nous avons accueilli un Groupe d’Indiens et en 86, notre ami Jean-Claude Vicarini (France Telecom) avec Philippe Amouyel (présenté par Jean Samaille) a dirigé un groupe du District pour un séjour en CALIFORNIE.

Rencontre d’Eté

Nicolas Caffier en SUEDE. André Boutry en SAXE.

– Bourse GEORGIA

En 87, Concert WAGNER au Palais des Congrès, organisé également par Jean-François, et donné le 2 Juin par le jeune Orchestre Symphonique de DOUAI devant l 500 personnes.

Remise, le jour de la Passation de Pouvoirs de Philippe Gestat de Garambé à Jean-Claude Papoz, d’un chèque de 60 000 F à Denise Segard, pour la Fondation Norbert Segard.

En 88, organisée par Christian Vandenbussche, Soirée Spectacle de la Comédie Française “Fin de Partie“ de S. BECKETT.

Il y eut encore :

– Les quêtes organisées par Vincent Le Blan en faveur de « POLIO PLUS »,  des actions pour SOLIDARNOSC,  des participations et aides financières pour :

* la catastrophe de NIMES, l’association NORD-POLOGNE ,* le projet POLES LITFORAL, l’achat de P.H.F.

Francis Guyomard ajoute à cette longue liste une idée originale que je lui laisse le soin de décrire.

« Convaincu que les réflexes d’amitié ou de haine s’acquièrent dans la petite enfance, dès que l’enfant fait la différence entre amis ou ennemis, à travers l’éducation qu’il reçoit de sa famille, de ses proches ou à l’école, par l’enseignement donné et les livres dans lesquels il apprend d’abord à lire, puis à réfléchir, je souhaitais réunir des livres scolaires venant de tous les pays du monde, afin qu’en les rapprochant on prenne conscience de ce danger. Tout le Club mobilisé se lança dans la collecte, et les ouvrages s’accumulèrent petit à petit, à tel point que cela posa rapidement des problèmes de stockage. Celle action poursuivie par le Club fit plus tard l’objet d’une exposition, à la conférence de district à LAON sous le règne du Gouverneur Jacques Raille. »

Les I4 et 15 Novembre 87, Charles C. KELLER, Président du Rotary International, on le sait, est venu à LILLE, pour célébrer les soixante ans de vie rotarienne qu’a connus le ROTARY CLUB de LILLE, et pour saluer ses deux soixantenaires, Jean Caroni et Pierre Crépelle.

Après avoir tenu une conférence de presse des son arrivée, le Président fut reçu par le Préfet de Région, M. Jean-Claude Aurousseau. Le lendemain, après avoir été accueilli à la Mairie de LILLE, il participa à un grand rassemblement des Rotariens du District- ils étaient près de 400 –

A cette occasion, le gouverneur Jacques Raille, salua de la façon suivante le

Président International :

« Notre District, celui du NORD de la FRANCE, a la joie et l’honneur de recevoir le Président du ROTARY INTERNATIONAL.

L’occasion, sans doute, le valait bien. Nous fêtons en effet ensemble, le 50° Anniversaire de la fondation du Club de LILLE.

Ce Club, qui est le père spirituel, directement ou indirectement, des 62 Clubs qui composent à l’heure présente le 167° District.

Cette heureuse circonstance, mon Cher Chuck, t’a conduit jusqu’en cette FRANCE septentrionale, si mal connue des Français eux-mêmes.

Mes premiers mots seront donc pour te remercier d’avoir accepté l’invitation que je t’ai faite, au nom des 2 300 Rotariens qui ont fait de moi leur Gouverneur pour cette Année Rotarienne…

Certains pourraient penser qu’après tout, ta présence ici, en ce jour, est une conséquence de ta fonction. Ce n’est vrai qu’en partie, comme je le dirai tout à l’heure. II est certain néanmoins que nous recevrons tous avec gratitude le message, les conseils et les encouragements qui marqueront aujourd’hui ton passage parmi nous.

International par sa nature même, le ROTARY est composé de Clubs dont chacun garde les habitudes, les modes de vie et de pensée, qui forment ce que l’on pourrait appeler l’originalité nationale. La rapidité et la multiplicité des échanges tendent, à coup sûr, à uniformiser tous les peuples de la planète, tout particulièrement ce qu’il est convenu d’appeler les peuples occidentaux, mais chacun n’a pas pourtant la même façon d’interpréter les mots « clé » de la vraie démocratie : Liberté, Égalité, Fraternité.

Ainsi je crois pouvoir dire que le problème de l’entrée des femmes au ROTARY INTERNATIONAL, résolu sur le plan réglementaire dans le sens de l’égalité, ne sera pas ressenti ici ou là de la même façon : la liberté des Clubs ne manquera pas de se manifester, et d’ancestrales habitudes pousseront certains à vouloir contourner la règle.

NOS ÉPOUSES

Il n’est que de relire les bulletins de ces dix années, pour admirer la place que tiennent nos épouses dans la vie du Club.

Nous les y encourageons grâce aux 5° Mardi avec Dames, et elles nous accompagnent nombreuses, lors des sorties culturelles et des visites d’usines ou de chantiers, de même que les épouses de nos amis décédés, Régine Spanneut, Anne-Marie  Goudaert, Denise Segard, Sabine Singer, Naney Deroubaix, Monique Jaouen, Ginette Hanu, prolongeant en quelque sorte, la présence de nos amis parmi nous.

Non contentes de cela, et entraînées par les épouses de nos Présidents : Régine, Ghislaine, Jacqueline, Nicole, Huguette, Marie, Madeleine, Chantal, Christiane, Annie, Annick, elles ont organisé un Club d’investissement, des formations à l’informatique et à l’anglais, des visites de villes (GAND, ARRAS, SAINT-GMER, SAINT GERMAIN EN LAYE),

des expéditions à de nombreuses expositions parisiennes, des déjeuners de dames.

Parallèlement notre Club fut heureux d’assister à la naissance du premier Club INNER WHEEL de la Métropole en Mai 83, ou s’activent Janine Deglorie, Marie Fassotte, Aliette Herbeau, Thérèse Hermant, Thérèse Kuhn, Nadine Maniglier, Josette Montaigne, Régine Spanneut, Jacqueline Triplet et Jacqueline Vidal.

LE ROTARY ET LES FEMMES

Lorsque Christian Vandenbussche en 89, succédait à Gilles Mignolet, le mouvement rotarien traversait une période agitée de son histoire.

Je lui laisse la parole : Depuis quelques années, l’opinion publique dénonçait l’archaïsme d’une structure exclusivement réservée…  aux hommes !

Or, déjà déclaré contraire à la Constitution Française, le principe de la non-mixité venait d’être aboli, par les instances supérieures du ROTARY INTERNATIONAL.

Dans un club aussi ancien et aussi respectueux des traditions que celui de LILLE, les conséquences d’une telle décision ne pouvaient qu’être redoutables.

Non pas qu’il fût dangereux, en soi, qu’une femme devienne membre du Club, mais parce que qu’il était à craindre qu’une telle admission ne divise le Club en deux clans adverses.

Et ce qui devait arriver … arriva, une candidature féminine nous fût proposée.

Comment instruire une telle candidature pour laquelle nous n’avions bien sûr, aucun précédent ?

Tout d’abord s’en référer aux textes, c’est à dire au règlement intérieur spécifique à notre club.

Il était en effet indispensable que la procédure suivie à cette occasion fût incontestable.

Il fallut alors constater que trois veto seulement, suffisaient à faire échec à quelque candidature que ce soit.

Des lors que nombre de Rotariens du Club, avaient déjà manifesté leur hostilité de principe, à l’admission d’une femme, la crise s’annonçait.

Mieux valait alors, ne pas « renvoyer en Commission », mais ouvrir un débat d’idées, permettant aux uns et aux autres, de s’exprimer sur ce délicat sujet, et d’apprécier ainsi le degré de préparation du Club de LILLE, au bouleversement de ses traditions.

Deux de nos plus brillants orateurs ont accepté de présenter et d’animer le débat.

Bernard Soinne s’est fait l’ardent défenseur de la cause des femmes.

Antoine Le Blan , dont on ne saurait pourtant mettre en doute l’admiration et même l’affection pour le « beau sexe », a plaidé… contre leur admission.

Nous avons alors assisté à un véritable feu d’artifice d’humour, d’intelligence et, pourquoi ne pas le dire, de poésie et parfois d’émotion.

Leur succès fut tel que d’autres Clubs les réclamèrent.

J’ignore s’ils ont réussi à modifier les opinions tranchées des uns et des autres.

Mais un fait est certain : nous avons eu tant de plaisir à les écouter, que nous sommes aujourd’hui convaincus qu’il n’y a rien de mieux qu’un débat entre hommes, pour discuter… des femmes ».

L’HUMOUR AU ROTARY

Cette merveilleuse qualité que nous apprécions chaque Mardi, grâce à un orfèvre en la matière, Antoine Le Blan, a depuis longtemps sévi dans notre club.

Je me contenterai d’en citer deux exemples, l’un d’un ami décédé, l’autre plus récent, dont l’auteur a regagné son Midi natal, pour raisons professionnelles.

Entré au club en 1952 André Rolez avait remis sa démission en 1985 et avait été aussitôt nommé Membre d’Honneur.

Ancien Directeurdes Impôts, conservateur des Hypothèques, il laisse le souvenir d’un homme cultivén d’un causeur brillant, d’un philosophe jetant sur la vie un regard amusé et faussement naïf.

Son humour était remarquable et chacune des ses interventions un régal.

Sa conférence statutaire sur les Hypothèques était digne de Pierre DAC :

« Recherchant l’origine du mot hypothèque, il supposait qu’il s’agissait de petites bêtes qui s’attaquent aux toitures, et commettent d’énormes dégâts, au point qu’une maison est fortement dépréciée, quand elle est couverte d’hypothèques, ou bien que les hypothèques sont des poissons du genre des hippocampes, qu’on met en boîtes dans ces conserveries spécialisées qu’on appelle conservation … »

Voilà le genre de causeries dont il réjouissait le Club laissant le souvenir d’un grand fonctionnaire, d’un grand rotarien et d’un grand ami.

Jean-Marie Rouvier refait pour la dernière fois un appel vibrant pour le concert Wagner :

« Je dois vous faire part d’une information avec un instant de gravité

Nous sommes victimes d’un sabordage qui risque de mettre en péril notre opération si nous ne réagissons pas. Nous sommes en plein dans la guerre psychologique. Je ne commettrai pas l’erreur de dénigrer la force de l’adversaire.

Chers amis, je vous le demande, resserrons les rangs derrière nos chefs pour faire triompher l’objectif que nous poursuivons.

Mais au fait, de quoi s’agit-il ? Nous Rotariens de LILLE, fidèles admirateurs du vieux Maître de BAYREUTH, nous sommes concurrencés par le jeune Wolfgang. Il hante nos nuits. A deux pas de chez nous, à SAINT-MAURICE, il ose se produire le Mardi 2 Juin.

Ne nous laissons pas séduire par le Malin. La bonne cause est de notre côté. Faîtes-le savoir, Merci.

Que nos éminents musicologues veuillent-bien excuser l’allusion au « malin », s’agissant du divin MOZART, et par surcroît, de la Messe en Ut Mineur, qui sera donnée ce soir-là.

Amitié

Un club comme le nôtre ne saurait exister sans qu’un ami soit chargé de l’Amitié.

Succédant à son beau-père Jean-Léon Ratel, Past-Gouverneur, et à Roger Ghevaert, Jean Deroubaix (décédé en 1986) remplit à la perfection ce rôle.

Il fut comme l’a si joliment décrit Antoine Le Blan, son actuel successeur :

« L’homme des climats sereins,. Chaque  nouvelle concernant l’un de nous est toujours l’objet d’un rayon de soleil quand la nouvelle est gaie, d’une goutte de pluie quand la tristesse prévaut, et d’un léger brouillard quand il faut taire la situation par discrétion »

Jean fût remplacé par Serge Minot, puis par Philippe Jaumain

Les occasions de célébrer l’amitié ne sont jamais superflues, rien n’interdit de les faire naître et même de les provoquer.

Une des traditions les plus anciennes du Club concerne la célébration des changements de décennies de nos membres.

Pour fêter et se consoler de ce passage de dizaine, l’ami reçoit a son domicile : après sa présentation, celle de sa famille et l’offre de la traditionnelle primevère à son épouse, le verre de l’amitié encourage les confidences, et permet de mieux se connaître et s’apprécier.

Ces manifestations rencontrent un tel succès qu’il est parfois difficile à certains de nos amis de recevoir dans des foyers parfois trop peu vastes; aussi, le « one man show » d’autrefois (pardon Monsieur Toubon) s’est transformé en duo, trio, quatuor, quintette et même septuor… mais quel plaisir de découvrir, telle grande maison, telle collection de peinture, tel jardin.

Je n’évoquerai ici que la réunion le 25 Avril 85, dans les Salons de la Fédération des Travaux Publics de Marcq-en-Baroeul, des innombrables amis de Jean Caroni, pour son 90° Anniversaire, et où Émile Van de Putte, entre autres orateurs, mit en valeur l’exceptionnelle personnalité de notre ami.

LES RÉUNIONS D’ETE

ont donné l’occasion à certains d’entre nous et à leurs épouses, de transformer le repas traditionnel au restaurant d’un golf ou d’une auberge de campagne, en superbe réception.

Citons l’accueil chaleureux d’Emile et de Brigitte Van de Putte, la simplicité d’André Fontaine (Consul de Belgique) et de Christiane.

Rappelons-nous nos déplacements à Mouvaux chez Pierre (Architecte) et Marie-Noëlle Thélot, à Gruson chez Jean et Nadine Maniglier,

à Cysoing chez Pierre et Madeleine DEVILDER, à Villeneuve-d’Ascq à l’ombre de la belle église de Flers chez Jean et Solange LECOCQ,

à Là Cessoie chez Jean-François DEREUX et Ghislaine, ou chez Régine et le courageux Jacques SPANNEUT, déjà bien fatigué.

LES SORTIES SPORTIVES

à pied, à vélo, en kayak animées par Jean-Jacques TRIPLET et Robert KUHN, furent appréciées des plus sportifs d’entre nous.

Mais qui veille sur nous avec efficacité, sourire et discrétion, celle que j’aurais pu citera tous les chapitres, mais que j’ai préféré garder pour celui de l’Amitié, car elle veille aux moindres détails de toutes ces manifestations.

Vous le savez c’est Nadine VANDENABEELE.